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Le Maroc est en train de devenir un hub en matière de formation en management dans la région de l'Afrique du Nord et de l'Ouest, écrit lundi le quotidien britannique des milieux d'affaires, "The Financial Times".
Le Maroc demeure parmi les voisins sud de l'Union européenne (UE), qui
réalisent une croissance rapide, offrant des opportunités économiques
non seulement pour les compagnies mais également et pour les grandes
écoles et instituts de formation du vieux continent, indique le
journal, soulignant que l'ambitieux projet de mettre en place l'Union
pour la Méditerranée (UPM) visait justement la mise en place d'un cadre
institutionnel pour cette réalité. Certaines écoles françaises de
management se sont déjà engagées dans un processus de renforcement des
relations avec leurs homologues dans la région du Maghreb, à travers
notamment l'élaboration de programmes de formation et de recherche,
alors que d'autres utilisent les institutions éducationnelles d'Afrique
du nord comme «vitrines» pour leurs programmes, indique «Le Financial
Times» en guise d'illustration de l'engouement que suscitent
actuellement les pays du Maghreb au moment où les pays de l'UE font
face à un ralentissement notable de leur croissance.
Rappelant
les liens historiques entre les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest
avec la France, le journal rose cite comme exemple l'intérêt croissant
des instituts européens dans la région, les relations de partenariat
tissées par l'Ecole de management de Grenoble EM avec des partenaires
maghrébins dont l'Ecole supérieur du commerce et des affaires (ESCA) de
Casablanca.
La décision des compagnies françaises, implantées
dans plusieurs pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest, de réduire leur
staff expatrié dans ces régions, a crée un besoin de cadres locaux
qualifiés pour mener l'expansion de ces compagnies, indique «Le
Financial Times».
Jacques Digout, chef du programme Maghreb au
sein de l'école de gestion ESC-Toulouse, confie au journal que les
managers marocains, ayant une formation française, perçoivent des
salaires importants, une situation qui engendre une demande élevée en
matière de formation.
Le quotidien britannique souligne, par
ailleurs, le grand essor que connaît le secteur des communications au
Maroc, avec notamment l'introduction de connexion Internet à haut débit
dans la majeure partie du pays, un développement qui place le Maroc
dans une situation de parité avec la France.
La concurrence dans
le domaine du transport aérien contribue, elle aussi, au renforcement
de la place qu'occupe le Maroc et partant aux changements que
connaissent les relations académiques du Royaume avec l'Hexagone,
ajoute le journal.
«Il est à présent moins cher de voyager de
Lyon à Casablanca que de prendre le TGV à Paris», indique, dans ce
sens, le professeur Jean-François Fiorina, qui dirige le groupe Maghreb
au sein de l'association des Grandes Ecoles de France.
«Le
Financial Times» indique, dans ce cadre, que l'école Grenoble EM a mis
en place un programme conjoint avec l'ESCA de Casablanca dispensant une
formation pour 300 étudiants.
La collaboration entre les deux
instituts est tellement profonde que les deux partenaires ont mis en
place un centre de formation aux technologies d'information, basé à
Casablanca, ajoute le journal, relevant que ce partenariat est en train
de faire de Casablanca un hub de formation dans le domaine des affaires
pour l'Afrique francophone.
Les étudiants en provenance
d'Afrique subsaharienne trouvent dans ce centre une formation
financièrement plus abordable et plus accessible mais surtout fiable
aux yeux des employeurs locaux, indique le professeur Fiorina.
Le
journal, qui souligne que la collaboration entre Grenoble et l'ESCA
couvre également la recherche dans le domaine de l'impact de la
technologie et de l'innovation dans les marchés émergents, note que la
perception selon laquelle le Maroc demeure la destination la plus
prometteuse pour le développement de ce genre de relations entre
l'Europe et le Maghreb, est largement partagée par les opérateurs du
secteur.
Jacques Digout, dont l'institut attend le feu vert du
Maroc pour la mise en place d'un programme de Masters des affaires à
Casablanca, souligne qu'avec un taux de croissance économique de
l'ordre de 5.3% prévu cette année au Maroc, le Royaume se présente
comme un marché prometteur pour l'enseignement d'affaires.
Si
l'Ecole ESC-Toulouse aide également à développer des programmes dans ce
sens à l'institut national de commerce à Alger, Casablanca demeure au
cœur de son plan de développement au Maghreb, souligne «Le Financial
Times», ajoutant que la capitale économique et financière marocaine
deviendra le troisième centre de l'ESC après Toulouse et Barcelone.
De
son coté, Thami Ghorfi, Président de l'ESCA de Casablanca, souligne que
le Maroc est bel et bien en passe de devenir un hub dans ce domaine
pour la région d'Afrique du Nord et de l'Ouest.
«Le Financial
Times» rappelle, dans ce cadre, les liens de partenariat que l'institut
casablancais a développé avec 12 écoles de management à travers le
monde.
«Le contexte international est d'une grande importance»,
indique Ghorfi, ajoutant que des compagnies venues du monde entier
s'intéressent de plus en plus à la région du Moyen-Orient et d'Afrique
du nord.
«Le Financial» souligne, par ailleurs, que depuis sa
création en 1992, l'ESCA a été gérée comme une véritable entreprise,
avec pour mission, comme l'explique Ghorfi, de développer les
ressources et les compétences humaines, en particulier dans le domaines
des affaires et de l'administration.
«En développant la
compréhension personnelle des étudiants et des professionnels, nous
contribuons au développement des compagnies et partant du pays», ajoute
Ghorfi.
Grâce aux liens de partenariat tissés avec d'autres
instituts de management au Michigan (Etats-Unis), à Budapest (Hongrie),
à Madrid et même en Chine, l'Ecole marocaine dispense des programmes de
formation qui n'ont rien à envier aux grands instituts du monde.
Offrant
des programmes de Masters, un EMBA et un MBA, l'ESCA forme actuellement
quelques 1.000 patrons de compagnies marocaines par an, conclut le
quotidien londonien.
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