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Les obstacles à surmonter : cherté du foncier, problèmes de financement et vide juridique
La 6ème édition du Salon marocain de la franchise et du commerce est prévue du 3 au 5 courant à Casablanca. Organisé sous l’égide du ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à Niveau de l’Economie, ce rendez- vous annuel a pour ambition de promouvoir la franchise.
A cet égard, des experts financiers et juridiques seront présents pour expliquer la nouvelle culture de la distribution, clarifier les principes de la franchise, les conditions de son développement au Maroc, sa réglementation, ses atouts et ses limites. Des professionnels apporteront appui et encadrement aux futurs opérateurs afin de réussir leur implantation et leur croissance. Dans une démarche d’accompagnement des investisseurs, un pôle immobilier présent au salon proposera des emplacements commerciaux stratégiques et variés en fonction de la spécificité des commerces et des enseignes. Selon les chiffres du ministère de tutelle, arrêtés en juin 2006, le Maroc compte quelque 310 réseaux de franchises. Ces réseaux regroupent plus de 1.914 points de vente répartis à travers les grandes villes, à savoir principalement Casablanca et Rabat. Néanmoins, ce secteur est entravé par certaines entraves. Des entraves qui ne cessent, d’ailleurs, d’être dévoilées à maintes reprises (Salons, séminaires…). Parmi ces obstacles, figure les problèmes de financement des opérateurs (franchisés). Ces derniers trouvent des difficultés pour bénéficier de lignes de crédit spécifiques et adaptés à leur domaine d’activité. A cela s’ajoute la cherté et la rareté du foncier, qui pose aux franchisés des difficultés à trouver des points de vente pour la commercialisation de leurs produits. Le vide juridique est lui- aussi pointé du doigt. Aucune loi spécifique sur la franchise n’est actuellement disponible au Maroc. C’est grave ! Comment peut-on inciter les investisseurs étrangers à investir dans ce secteur alors qu’un texte juridique sur la franchise fait défaut ? Sachant que deux associations existent actuellement au Maroc pour promouvoir ce mode de commerce. Seulement, suffiront-t-elles à relever ce défi ? Ces deux entités en question sont l’AMF (Association Marocaine de la Franchise) et l’AMCR (Association Marocaine des Commerces en Réseau). La première s’est constituée le 16 avril 1997 et s’est convertie par la suite en Fédération de la franchise en Avril 2002 afin de favoriser les relations de coopération avec les organisations internationales de la franchise, notamment la Fédération Française de la Franchise (FFF). La seconde, qui a vu le jour en 2004, s’est fixée pour mission la formation de comités de travail destinés à réfléchir sur l’organisation du commerce au Maroc. Un autre point inquiétant est que certains secteurs restent sous-exploités ou carrément inexploités, comme l’éducation, les loisirs, l’informatique, l’Internet, l’artisanat ou encore la cuisine marocaine. Ce Salon est une occasion donc pour les intervenants, dans le cadre de différents ateliers, de se pencher sur les mesures susceptibles de faire face aux obstacles auxquelles se heurte ce secteur, et par conséquent, sur les moyens pour sa promotion. Dans ce sens, faut-il le souligner, le ministère de tutelle possède déjà d’une stratégie s’articulant essentiellement sur l’information, la communication, la formation et la facilitation des procédures. Il s’agit d’abord de vulgariser cette nouvelle culture entrepreneuriale via l’organisation des manifestations au niveau national et régional ( séminaires, salons…). C’est justement le cas de la tenue de ce Salon. Concernant le volet information, le ministère de tutelle estime qu’elle a assuré depuis 1995 le suivi de l’évolution de ce domaine afin de disposer d’un tableau de bord permettant la prise de décision, l’orientation et l’information des opérateurs. De même, des études ont été réalisées pour dégager les perspectives de développement du secteur de la franchise. Le ministère de tutelle a jugé aussi nécessaire de mettre en place un programme permettant d’appuyer les franchiseurs marocains et inciter les opérateurs disposant d’un concept original à se développer par le biais de la franchise. « L’assistance pourra toucher éventuellement la réalisation du plan de franchising, la stratégie d’implantation, l’élaboration des normes, l’analyse du marché, l’élaboration du contrat de franchise et aussi les démarches pour le démarrage du projet », souligne t-on au ministère de tutelle. Par ailleurs, pour faire bénéficier le commerce moderne d’un grand nombre du personnel qualifié, le ministère en question a procédé à l’identification des besoins des opérateurs et projette de mettre en place un cursus de formation sur des métiers qui intéressent le secteur de la franchise. En parallèle, assure-t-on au ministère de tutelle, il est prévu de lancer une action pilote pour la formation d’un noyau de formateurs qui auront pour principale rôle d’encadrer les franchisés et franchiseurs potentiels pour mieux les préparer à la réalisation de leurs projets. Autre mesure évoquée, un programme est en cours d’examen pour alléger les procédures administratives par les différents organismes intervenant (Douane, Office des Changes…) dans le secteur de la franchise. Pour ce qui est de la cherté et le manque du foncier, cette situation nécessite la modernisation des infrastructures et la rénovation de l’immobilier commercial par le lancement de centres commerciaux répondant aux normes internationales aptes à recevoir des enseignes du commerce organisé. « Dans cet objectif, la grande distribution a participé à la création de galeries commerciales répondant aux exigences du commerce moderne. D’autres projets de grandes envergures ont été lancés notamment le Méga Mall à Rabat, Twin Center,… », indique-t-on au ministère de tutelle. Concernant des problèmes de financement des franchissés, le ministère de tutelle affirme que les institutions bancaires ont été sensibilisées aux spécificités de la franchise pour se prononcer sur la faisabilité et le financement des projets relevants de ce nouveau mode de commerce. « Cette formule de crédit permet de financer à 100% l’acquisition du matériel, d’équipement, la construction ou l’achat de locaux. Ces prêts peuvent être garantis par des sociétés de caution mutuelle agréées pour le financement des entreprises en création ou en développement, principalement dans les secteurs de la franchise », assure la même source. Pour rappel, la précédente édition du Salon marocain de la franchise s’est tenue du 15 au 17 juin 2006 à Casablanca. L’Espagne y était l’invité d’honneur.
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