Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Advertisement
Des armes françaises fabriquées sous licence au Maroc ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Abdelkarim Chankou - Le Détective Marocain   
Une idée qui séduit et qui fait son chemin. Ce sera l'un des sujets sensibles que Nicolas Sarkozy explorera avec ses hôtes marocains. Des armes françaises fabriquées sous licence au Maroc ? (1) Pourquoi pas ? Si le civil y a trouvé son compte, le militaire l'y trouvera aussi.
 
Image D'autant que cette perspective a un double avantage : tout en rendant compétitif l'armement français face à de féroces concurrents russes, espagnols, ukrainiens, sud-africains ou chinois, elle est de nature, grâce notamment à un transfert dosé d'une partie de la technologie française aux Marocains, de doper un secteur non moins important pour l'industrie de guerre française : celui de la maintenance. Egalement non compétitif. On en a les armes aux yeux.

L'un des plus grands et difficiles chantiers du président français Nicolas Sarkozy, en première visite officielle de trois jours au Maroc, du 22 au 24 octobre courant, est de sauver l'industrie militaire hexagonale d'une mort certaine. L'arme et le matériel militaire made in France coûtent très cher et de ce fait sont peu compétitifs à l'exportation surtout vers des pays à revenus intermédiaires comme le Maroc. C'est d'ailleurs le premier constat fait par Hervé Morin dès son installation au fauteuil du ministère de la Défense en juin dernier. Et cela concerne toutes les armes françaises et matériels de guerre du simple pistolet MAB ou MAS au très sophistiqué chasseur Rafale dont aucun exemplaire n'a été encore vendu à l'étranger. Sans perdre de vue; bien entendu, frégates, chars, hélicoptères, etc.

C'est vrai que les armes françaises sont fiables. Qui ne connaît pas les qualités du FAMAS, le fameux fusil mitrailleur qui fait la fierté de la très vaillante légion étrangère. Mais il a un grand défaut : il coûte jusqu'à 3700 euros l'unité selon le modèle alors que l'immortel et très populaire Kalachnikov non moins dissuasif est proposé à des prix variant entre 400 et 1200 euros selon le pays où il est fabriqué. Des « Kalach » fabriqués au Pakistan ou en Egypte sont même vendus beaucoup moins cher. Mieux : des AK-47 d'occasion sont écoulés à moins de 20 euros dans certaines zones chaudes d'Asie ou d'Afrique ! Mieux encore, le FAMAS est même plus cher que le redoutable fusil d'assaut américain M16 qu'on peut avoir en payant un peu plus que le prix d'un AK-47.

Bref : l'industrie militaire française est bel est bien prise entre deux feux nourris ; celui de la cherté des coûts de facteurs et celui de la réduction du budget des armées qui ne peuvent plus, comme par le passé, compenser les manques à gagner à l'export.

Une solution unique s'impose donc sur fond de l'impossibilité d'une mise sur pied, à tout le moins à court terme, d'une véritable d'industrie paneuropéenne d'armement ; le fiasco du consortium EADS étant toujours dans les esprits. Cette solution se nomme « délocalisation ». Une idée qui séduit et qui fait son chemin. Ce sera l'un des sujets sensibles que Nicolas Sarkozy explorera avec ses hôtes marocains. Des armes françaises fabriquées sous licence au Maroc ? (1) Pourquoi pas ? Si le civil y a trouvé son compte, le militaire l'y trouvera aussi. D'autant que cette perspective a un double avantage : tout en rendant compétitif l'armement français face à de féroces concurrents russes, espagnols, ukrainiens, sud-africains ou chinois, elle est de nature, grâce notamment à un transfert dosé d'une partie de la technologie française aux Marocains, de doper un secteur non moins important pour l'industrie de guerre française : celui de la maintenance. Egalement non compétitif. On en a les armes aux yeux.

(1)Une version du Beretta, pistolet italien, est produite sous licence en Égypte, au Brésil (Taurus PT-92, version locale du 92S) et en Afrique du Sud sous la forme du Vektor Z-88.
 
Avec l'aimable autorisation de l'auteur 
< Précédent   Suivant >
http://www.marocoffshore.net